Traités de Nimègue
1678 De Wikipédia, l'encyclopédie libre
Les traités de Nimègue sont un ensemble de sept traités de paix et de commerce signés à Nimègue aux Provinces-Unies[1],[2]. Une première série cinq traités est signée d'une part par la France et d'autre part respectivement : les Provinces-Unies, le (un traité de paix et un traité de commerce et de navigation) ; l'Espagne, le ; le Saint-Empire, le ; et Münster et Paderborn, le . Une seconde série de deux traités est signée d'une part par la Suède et d'autre part respectivement : le Saint-Empire, le ; et enfin les Provinces-Unies, le .
Paix de Nimègue
Signature de la paix de Nimègue, Henri Gascar, 1679.
Langues |
Français Latin |
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Signé |
1678 – 1679 Nimègue (Provinces-Unies) Celle (Lunebourg) Saint-Germain-en-Laye (France) Fontainebleau (France) Lund (Suède) |
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Signataires | Provinces-Unies Espagne Danemark Saint-Empire Brandebourg Münster Lunebourg |
France Suède |
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D'autres traités ont mis fin à la guerre, mais ils n'ont pas été signés à Nimègue :
- le traité de paix de Celle, le , entre d'une part la France et la Suède et d'autre part le Lunebourg ;
- le traité de Saint-Germain-en-Laye, le , entre la France et la Suède d'une part, et le Brandebourg d'autre part ;
- le traité de paix de Fontainebleau, le , entre la France, la Suède et le Danemark ;
- le traité de paix de Lund, le , entre le Danemark et la Suède ;
- l'accord secret, le , entre Louis XIV et Frédéric-Guillaume Ier.
S'ajouteraient d'autres actes, articles séparés, protestations, ratifications[3].
Ensemble, ils mettent fin à la guerre de Hollande[4]. Ils ont été négociés dans leur majeure partie dans le cadre du congrès de Nimègue, ouvert le [5] et clos le .
Clauses territoriales des traités
Résumé
Contexte
Rétrocessions françaises
Louis XIV se débarrasse des enclaves en territoires étrangers et rend :
- la ville de Maastricht et la principauté d'Orange, occupées militairement par les Français depuis 1673, sont rendues à Guillaume III. De plus, par le traité de commerce et de navigation souhaité par les Provinces-Unies, celles-ci bénéficient de la suppression du tarif douanier français de 1667 et de celle du droit d'aubaine, ce qui favorise les échanges commerciaux de la France[6] ;
- quelques places fortes telles que Charleroi, Binche, Ath, Audenarde et Courtrai sont restituées à l’Espagne.
Gains français
Le grand perdant de la guerre est l'Espagne qui cède à la France :
- la Franche-Comté ;
- les places fortes flamandes de Cassel, Bailleul, Ypres, Wervick et Warneton, ainsi que Aire, Saint-Omer, Cambrai, Bouchain, Condé-sur-l'Escaut, Bavay, Maubeuge et la place forte de Valenciennes, dans le Hainaut.
- La vallée de la Meuse entre Charleville et Givet (dans les Ardennes actuelles).
En mer des Caraïbes, les Français étendent leurs possessions :
- aux dépens des Hollandais qui cèdent Tobago ;
- aux dépens des Espagnols qui cèdent la Trinité ;
- et des Britanniques qui reconnaissent laisser à la France Saint-Vincent, la Dominique et Sainte-Lucie, possessions souvent effectives mais disputées depuis le début du XVIIe siècle.
Conséquences des traités
Résumé
Contexte


Au total, la frontière du nord de la France est lissée, et comprend moins d'enclaves. Et la Franche-Comté relie la France à la Haute-Alsace (traité du ).
La paix de Nimègue est complétée par le traité signé le entre Louis XIV et l'empereur. Le traité est humiliant pour l'Empire qui cède Fribourg-en-Brisgau et doit reconnaître la validité des dispositions des traités de Westphalie de 1648. Le duc de Lorraine refuse les conditions humiliantes du traité. Il devait récupérer son duché sauf Nancy et accepter la création de quatre routes larges à travers son duché, visant à laisser le passage aux troupes françaises. En conséquence, Louis XIV continue d'occuper la Lorraine et annexe la place forte de Longwy.
Au nord de l'Europe, Louis XIV oblige le Danemark () et le Brandebourg (), à rendre toutes les conquêtes faites sur la Suède, alliée de la France. L'électeur de Brandebourg s'engage, en échange d'une rente annuelle de 100 000 livres pendant dix ans, à soutenir le candidat de la France à l'élection impériale du Saint-Empire (Traité secret de Saint-Germain du ). La France est l'arbitre de l'Europe.
Après la signature du traité de Nimègue, le roi crée les Chambres de réunion pour étendre sa domination territoriale sur les dépendances des territoires cédés (fin de la Décapole et de la relative autonomie alsacienne). Cette politique des réunions sera validée en 1684 par la trêve de Ratisbonne.
Médaille de la Paix de Nimègue
Depuis , la ville de Nimègue, en collaboration avec l'université Radboud, Royal Haskoning et le ministère néerlandais des Affaires étrangères, commémore la paix de Nimègue en décernant, tous les deux ans, la médaille de la Paix de Nimègue à « une personnalité internationale qui s'investit ou qui s'est investi[e] au cours de sa carrière, pour la paix sur le continent européen et pour le rôle et la position de l'Europe dans le monde »[7]. Ses récipiendaires sont Jacques Delors en 2010[8], Umberto Eco en 2012, Neelie Kroes en 2014, la Cour européenne des droits de l'homme en 2016 et Paul Polman en 2018.

Année | Lauréat(e) |
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2010 | ![]() |
2012 | ![]() |
2014 | ![]() |
2016 | ![]() |
2018 | ![]() |
Notes et références
Voir aussi
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