Culture de la Picardie
De Wikipédia, l'encyclopédie libre
Sports et jeux
Résumé
Contexte
Sports
Le football est de loin, le sport le plus populaire de la région. Les clubs les plus connus sont l'Amiens SC et le VAFC. Les autres principaux clubs sont le FC Chambly Oise, l’AS Beauvais Oise ou encore l’Entente Feignies Aulnoye FC.
Le hockey sur glace est également un sport populaire, surtout à Amiens où les Gothiques d'Amiens joue les premières places en Synerglace Ligue Magnus[1]. Les Diables Rouges de Valenciennes joue en Division 1[2].
Saint-Quentin possède un club de basket-ball; le SQBB; qui joue en Betclic Élite, la première division.
- Logo de l'Amiens SC
- Logo des Diables Rouges de Valenciennes
- Logo du SQBB
Le ballon au poing est un sport collectif populaire en Picardie et inscrit en 2012 sur la liste de l'Inventaire du patrimoine culturel immatériel français. Comme son nom l'indique, le joueur n'utilise pas de raquette pour frapper la balle, mais utilise son poing. La fédération française de ballon au poing fondée en 1935 se trouve logiquement à Amiens. Cette fédération qui porte de 1935 à 1972 le nom de Fédération française des ballonnistes regroupe plus de quarante clubs pour environ 2 500 licenciés. L'implantation est exclusivement picarde avec 39 clubs dans la Somme. Un championnat de France se tient toutefois chaque année. La grande finale se dispute traditionnellement à la 15 août sur le ballodrome d'Amiens situé à La Hotoie. La finale de la Coupe de France se tient aussi à La Hotoie en septembre. On organise également des compétitions en salles l'hiver avec un règlement adapté[3].
Le ballon au poing est un sport collectif inscrit en 2012 sur la liste de l'Inventaire du patrimoine culturel immatériel français. Comme son nom l'indique, le joueur n'utilise pas de raquette pour frapper la balle, mais utilise son poing. On retrouve 39 clubs dans la Somme.
La balle à la main est un sport collectif populaire en Picardie et plus particulièrement autour de Corbie et deux communes de l'Oise. Comme le ballon au poing, ce sport est classé depuis 2012 sur la liste de l'Inventaire du patrimoine culturel immatériel français[4].
C'est un jeu de gagne-terrain qui se déroule sur un ballodrome de même taille que celui du ballon au poing. La balle à la main est l'ancêtre direct du jeu de paume tel qu'il était pratiqué au Moyen Âge. Ce sport est en voie de disparaître du fait du faible nombre de joueurs[5].
La balle au tamis est un jeu issu du jeu de paume, entre la longue paume et la balle à la main.
Le but du jeu est de faire écraser au sol le ballon dans le camp adverse, et si celui-ci n'est pas repris à la volée ou au rebond, le point de contact au sol est marqué au sol et fait déplacer le filet, ce qui réduit le terrain adverse. Ce sport est joué dans le Vimeu à Tours-en-Vimeu[6].
Ce sport est joué dans le Vimeu, exclusivement à Tours-en-Vimeu.

Le javelot tir sur cible est un jeu individuel, en doublette ou en triplette où le but est de lancer un javelot sur une cible. Le lanceur est positionné sur une planche à 8m de la cible qui fait 160cm[7].
Le jeu est pratiqué dans le Pas-de-Calais autour d'Arras, de Valenciennes, d'Hesdin-la-Forêt ou dans la Somme à Albert ou Pont-de-Metz (périphérie d'Amiens).
La longue paume est un jeu de gagne-terrain en 1 contre 1 ou alors en équipe de 2, 4 ou 6.
Ce sport est considéré comme l’ancêtre du tennis dont celui-ci a gardé quelques règles. Le but est de renvoyer la balle tirée par l’adversaire et le plus loin possible dans son camp afin de gagner du terrain.↵Pour cela, on joue avec une raquette. Il n’y a pas de filet pour délimiter les camps[8].
Ce jeu est joué essentiellement dans le nord de l’Oise, dans le centre-est de la Somme et à Beauvois-en-Vermandois dans l’Aisne.
Langue
Résumé
Contexte
Œuvres en picard
La langue picarde perd la compétition avec le francien qui devient la langue nationale (Ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539). Cet événement entraîne des difficultés majeures pour le développement d'une culture de la Picardie.
C'est une chose de créer en Picardie, c'en est une autre de "chanter" sa Picardie, ce qu'a fait par exemple Alfred Manessier en Baie de Somme, et Pierre Garnier avec la poésie y compris en picard. Ce qu'a bien compris le Conseil régional de Picardie qui leur a consacré respectivement une année d'événements[9]. On peut également citer Ivar Ch'Vavar avec la langue picarde et la "Grande Picardie Mentale"[10].
Peu d'éléments relient Vincent Voiture (1598-1638) à sa Picardie natale si ce n'est sa « Lettre sur la prise de Corbie » (1633).
L'homme de lettres le plus connu au cours de ce siècle est sans conteste Jean de La Fontaine (1621-1695).
On peut ajouter les Fatals picards qui ont pointé un regard sur leur région natale et répercuté l'écho sur tout le territoire. Les marionnettes que sont les « cabotans », notamment les Cabotans d'Amiens avec le personnage de Lafleur et sa femme Sandrine.
Littérature
Résumé
Contexte
Dès la fin du XVe siècle se développent des associations à la fois religieuses, poétiques et dramatiques, comme les « puys » en l'honneur de la Vierge Marie actifs à Amiens et à Abbeville qui organisent des concours littéraires annuels sur un thème mystique.
La Picardie a vu naître plusieurs grands auteurs au cours de son Histoire.
- Au Moyen Âge, de nombreux textes marquants sont rédigés dans une scripta picarde ou franco-picarde. Des cercles de trouvères voient le jour, notamment à Arras, on peut citer parmi les trouvères picards Adam de la Halle, Jean Bodel, Audefroi le Bâtard, Dame Margot, le Châtelain de Coucy, Gautier de Coinci, Hélinand de Froidmont, Blondel de Nesle, Jacques de Cambrai, Moniot d'Arras, Gautier de Dargies etc. Plusieurs bestiaires sont aussi rédigés en Picardie, notamment ceux de Richard de Fournival et de Pierre de Beauvais.
- La Picardie donne naissance à plusieurs romanciers au Moyen Âge, on y trouve des romans arthuriens avec Raoul de Houdenc et son Méraugis de Portlesguez ou Renaut avec Galeran de Bretagne. Le Roman du châtelain de Coucy et de la dame de Fayel par Jakemés fait du célèbre trouvère une véritable figure romanesque, Philippe de Rémi rédige La Manekine et Jehan et Blonde, deux romans médiévaux célèbres, Jean d'Arras est connu de la postérité pour le Roman de Mélusine, et Gerbert de Montreuil pour le Roman de la violette.
- Plusieurs chroniqueurs sont également originaires de Picardie, on peut citer Jean Froissart, dont certains textes sont aussi rédigés en scripta picarde, mais aussi Jean de Venette et Enguerrand de Monstrelet. Au XIIIe siècle, le mouvement des béguines, auquel appartient notamment Hadewijch d'Anvers, passe par la Picardie avec la valenciennoise Marguerite Porete et son Miroir des âmes simples. Dans les auteurs du genre argumentatif, on peut citer Jean Buridan et Philippe de Mézières.
- Au XVe siècle, plusieurs picards font partie des grands rhétoriqueurs, on peut citer notamment Jean Molinet et Jean Lemaire de Belges. À la même époque est actif à Mons le prosateur Jean Wauquelin.
- La Renaissance est une période historique très riche pour la Picardie, c'est à cette période que Jean Calvin voit le jour, un des principaux réformateurs du protestantisme. Natif de la ville de Noyon, il restera attaché à sa ville natale tout au long de sa vie[11]. Plusieurs textes de sa plume sont particulièrement connus, édités et étudiés avec en tête son Institution de la religion chrétienne, vaste traité théologique qui affirme la postérité de son œuvre, on peut aussi mentionner son Traité des reliques. La capitale du comté de Ponthieu verra naître Hélisenne de Crenne, principale représentante féminine des lettres pour la Picardie et figure majeure du roman humaniste avec Les Angoisses douloureuses qui procèdent d'amours. Aux côtés de François Rabelais, ce sont les deux premières figures du roman français dans la première moitié du XVIe siècle, leurs écrits fondent un genre novateur à savoir le roman humaniste[12]. Quelques références sont faites à la Picardie dans son roman par le biais d’anagrammes[13]. Guillaume Des Autels et Barthélemy Aneau seront les deux représentants de la deuxième génération d'humanistes de la Renaissance, elle aussi fondatrice du roman humaniste.
- Le poète Jacques Grévin, originaire de Clermont-en-Beauvaisis, s'illustrera dans la seconde moitié du XVIe siècle. Ami de Ronsard, Du Bellay, et des poètes de la Pléiade, son théâtre et ses poésies seront très appréciées. S'inscrivant dans le courant humaniste, ses positions favorables aux idées de Jean Calvin, abordé plus haut, et au calvinisme, le condamneront à se voir rejeté de son milieu. Contemporain de Jacques Grévin, le tournaisien Louis des Masures marque aussi le théâtre français du XVIe siècle avec ses Tragédies saintes. Mentionnons aussi la philosophe Marie de Gournay, fille d'alliance de Montaigne, originaire de Gournay-sur-Aronde en Beauvaisis, où elle a grandi. Elle rédige en 1622 un traité sur l'Égalité des Hommes et des Femmes et en 1626 son Grief des Dames. Son œuvre démontre que le débat de l'égalité homme-femme est un sujet déjà abordé au XVIe siècle et au XVIIe siècle[14]. Elle s'inscrit également en tant que précurseuse du féminisme[15].
- La province hérite de quelques grands noms au XVIIe siècle, premièrement par le biais du mouvement de la Préciosité, avec Vincent Voiture, un des rares auteurs masculins de ce mouvement dominé par les femmes de lettres. Fils d'un bourgeois amiénois, il est natif de cette ville. On le connait principalement pour sa correspondance, pour sa Lettre sur la prise de Corbie, mais aussi pour ses poésies. La marquise de Sévigné, sa contemporaine, fera d'ailleurs son éloge dans sa propre correspondance. Autre auteur picard célèbre : Jean Racine, natif de La Ferté-Milon dans le Valois. Figure majeure du Classicisme français et de la littérature française toutes époques confondues, son œuvre principale est théâtrale avec douze pièces dont les plus connues sont Phèdre, Andromaque ou Britannicus, mais encore Iphigénie, La Thébaïde, Esther, ou Athalie. On peut aussi mentionner quelques poésies et un Abrégé de l'histoire de Port-Royal. La Picardie intervient furtivement dans son œuvre à travers son unique comédie Les Plaideurs, dans laquelle un portier intitulé Petit Jean est Picard tout comme Jean Racine.
- Au XVIIe siècle règne la mode du conte merveilleux, portée par les précieuses telles que Madame d'Aulnoy et la Comtesse de Murat, genre où la Picardie se trouve représentée par Louis de Mailly, natif d'Amiens, et où s'illustrera par la suite Charles Perrault. L'orientaliste Antoine Galland, Picard originaire du bourg de Rollot dans le Santerre puis de la ville de Noyon où il fît ses études, s'appuie sur ces succès pour publier, de 1704 à 1717, douze volumes de contes merveilleux orientaux ; le monde occidental découvre Les Mille et Une Nuits. L'orientaliste se présente alors comme un simple traducteur, mais occupe en réalité un rôle bien plus large. Considéré comme un inventeur des Mille et une nuits par certains spécialistes[16], il réécrit, modifie et adapte l'ouvrage à sa guise[17]. Il rencontre en 1709 Hanna Dyâb, un chrétien maronite qui lui fait oralement le récit d'une dizaine de contes que Galland rédigera de sa propre plume par la suite. Parmi ces nouveaux ajouts, l'on trouve les célèbres contes d'Aladin ou la Lampe merveilleuse et d'Ali Baba et les Quarante Voleurs. Ainsi, Galland s'inscrit dans un processus habituel des conteurs et des conteuses qui vont plutôt s'emparer, par morceaux ou en totalité, de récits oraux populaires pour en proposer des versions littéraires. Madame de Villeneuve, par exemple, écrit la première version moderne de La Belle et la Bête après en avoir entendu le récit de la bouche d'une certaine Mademoiselle de Chon[18], tout comme Galland écrit Ali Baba après en avoir entendu l'histoire par la bouche de Dyâb. La version des Mille et Une Nuits de Galland connaît aussitôt un succès retentissant en France et dans toute l'Europe.
- Au XVIIIe siècle, la capitale picarde voit naître Pierre Choderlos de Laclos, auteur du célèbre roman Les Liaisons dangereuses où il dénonce les dangers du libertinage et les abus d'une noblesse dépravée. Jean-Baptiste Gresset, autre Picard natif de la capitale connaît le succès avec ses œuvres Vert-Vert et Le Méchant, Laclos citera d'ailleurs Gresset dans son roman. La ville d'Amiens devra à Gresset la fondation de son Académie des sciences, des lettres et des arts. Certaines œuvres de Gresset sont représentantes du Préromantisme.
- On remarque ainsi une certaine production littéraire vis-à-vis du libertinage au XVIIIe siècle, avec les amiénois Pierre Choderlos de Laclos, Jean-Baptiste Gresset, et Jean-Charles Gervaise de Latouche. Mais encore, l'hesdinois Antoine François Prévost, habitant Saint-Firmin, près de Chantilly, vers la fin de sa vie ; le compiégnois Mercier de Compiègne, et le péronnais Fougeret de Monbron. On peut aussi y ranger le calaisien Pigault-Lebrun, au tournant des XVIIIe et XIXe siècles[19].
- Les écrivains libertins de Picardie
- Pierre Choderlos de Laclos. Auteur des Liaisons dangereuses.
- Antoine François Prévost. Auteur de Manon Lescaut.
- Jean-Baptiste Gresset. Auteur de Vert-Vert.
- Jean-Charles Gervaise de Latouche. Auteur de Dom Bougre.
- Au cours du XIXe siècle, la Picardie trouvera en Alexandre Dumas son principal auteur originaire de son territoire. Il est natif de Villers-Cotterêts dans le Valois, ville où il a grandi et à laquelle il est très attaché, elle intervient dans son roman Ange Pitou, troisième tome des Mémoires d'un médecin. La province picarde intervient tout au long de sa trilogie romanesque dite « des mousquetaires ». Ainsi sont mentionnées dans son plus grand roman Les Trois Mousquetaires des villes comme Chantilly, Crèvecœur-le-Grand, Amiens ou Calais. Ses œuvres principales sont la trilogie romanesque dite « des mousquetaires » qui contient Les Trois Mousquetaires, Vingt Ans après et Le Vicomte de Bragelonne, une autre œuvre est le célèbre roman Le Comte de Monte Cristo et la trilogie romanesque dite « des Valois » qui contient La Reine Margot, La Dame de Monsoreau et Les Quarante-Cinq.
- Natif de Boulogne-sur-Mer, Charles-Augustin Sainte-Beuve est lui aussi un auteur originaire de la province de Picardie, il est principalement connu en tant que critique. Son Port-Royal, fresque littéraire considérable sur ladite abbaye du même nom, constitue son ouvrage le plus reconnu. Ses Causeries du lundi jouissent aussi d'une réputation non négligeable, tout comme ses Portraits littéraires et ses Portraits de femmes, où il dépeint divers auteurs et autrices, anciens ou contemporains de son époque. À cette œuvre d'analyse et de critique littéraire s'ajoutent ses œuvres fictionnelles où il est connu pour un unique roman Volupté, et pour des poésies avec, principalement, Vie, poésies et pensées de Joseph Delorme.
- Constance de Salm, poétesse et romancière, a longtemps vécu et grandit dans la demeure que son père Marie Alexandre de Théis fit bâtir près de Chauny à Autreville dans le Laonnois et qu'il avait nommée L'Aventure[20]. Elle est connue pour son roman épistolaire Vingt-quatre heures d'une femme sensible, dont le concept et le titre seront repris par Stefan Zweig pour ses Vingt-quatre heures de la vie d'une femme. On la souligne aussi pour ses Poésies et ses Pensées. Son poème Bouton de rose eut un certain succès, c'est aussi une pionnière du féminisme, notamment avec son Épître aux femmes. Elle mentionne son vécu dans la campagne picarde dans son Épitre sur les inconvénients du séjour à la campagne, où elle dresse un portrait critique des mœurs rurales[21].
- Jules Verne, originaire de Nantes en Bretagne, emménage en 1871 à Amiens, où il mourra. Il est déjà un écrivain couronné du succès de romans tels que Voyage au centre de la Terre, mais c'est en Picardie qu'il trouvera l'inspiration pour certains de ses chefs-d’œuvre, notamment dans la Baie de Somme, et plus particulièrement dans la commune Le Crotoy, qui lui inspire Vingt Mille Lieues sous les mers[22]. C'est aussi en Picardie qu'il rédige Le Tour du monde en quatre-vingts jours, L'Île mystérieuse, Michel Strogoff ou Les Indes noires. Jules Verne s'engagea beaucoup pour la ville, il faisait partie de l'Académie des sciences, des lettres et des arts, et il prononça d'ailleurs un discours d'ouverture du cirque pour la commune. Jules Verne mourut à Amiens et est inhumé au Cimetière de La Madeleine dans cette même ville.
- Au XXe siècle, l'Amiénois Roland Dorgelès retrouve le style des chroniqueurs d'antan pour raconter la vie des poilus pendant la Première Guerre mondiale.
- Pierre Mac Orlan, natif de la ville de Péronne, ville principale du Santerre où il passa son enfance. Il est notamment l'auteur du roman Le Quai des brumes, qui fut adapté en un long-métrage en 1938 et qui connût un certain succès. Son lien avec la Picardie s'illustre dans son œuvre littéraire à travers un roman nommé Babet de Picardie. Pierre Mac Orlan est aussi très connu pour ses romans pour la jeunesse, notamment avec des œuvres comme Les Clients du Bon Chien jaune ou L'Ancre de miséricorde. Il s'illustre, tout comme Jules Verne, dans le roman d'aventures, et particulièrement dans des aventures du monde maritime.
Particulièrement frondeuse, la Picardie connaît une période faste au XVIIIe siècle des libertins avec les Amiénois Jean-Baptiste Gresset et Choderlos de Laclos.
Musiques, chant et danse
Résumé
Contexte
La Picardie au Moyen Âge tardif est parmi les grandes aires de production musicale. Les musiciens picards se rattachent de près ou de loin à l'école franco-flamande et cultivent plusieurs genres parmi lesquels la messe, le motet, la chanson polyphonique, a capella, la danse instrumentale ou encore la variation[23]. On peut citer plusieurs grands noms de musiciens de la mouvance picarde parmi lesquels Josquin des Prés, originaire du Vermandois et que Jacques Chailley cite comme « l'un des plus grands musiciens de tout les temps » ou Guillaume Dufay, originaire de Cambrai ou Laon, et qui est un des plus importants musiciens de son époque[23].
Les villes picardes révèlent ainsi des compositeurs de renom : Jacob Obrecht, maître de chant à Cambrai, Jean Mouton, maître de Chapelle à la cathédrale d'Amiens, Gilles Binchois, Jean Mouton, Loyset Compère, Antoine Busnois, Antoine Brumel, Antoine de Févin et enfin Roland de Lassus, de Mons[24]. Vers 1140, à Beauvais, la jeunesse de la ville compose un drame musical, Le jeu de Daniel, pièce entièrement chantée et jouée aux instruments et que l'on a parfois qualifier de « premier opéra »[23]. Les airs s'y mélangent, on y côtoie aussi bien le style noble apparenté au chant grégorien, que des styles plus enjoués et rythmés, proches du style des trouvères[23].
- Quelques musiciens Picards illustres
- Guillaume Dufay (à gauche) et Gilles Binchois (à droite).

Le folklore picard comprend, à l'instar d'autres régions, une culture musicale. Le chant Réveillez-vous Picards, composé au XVe siècle près de Beauvais, fait office d'hymne régional[25]. Parmi les autres chants folkloriques originaires de Picardie, on trouve notamment La belle est au Jardin d'amour, et Jésus-Christ s'habille en pauvre. Ce dernier s'est d'ailleurs fait connaître en Angleterre et dans le monde anglo-saxon sous le nom de Picardy[26].
On peut aussi citer Roses of Picardy, une chanson populaire britannique de la Première Guerre mondiale ; celle-ci rend hommage à la flore picarde[27],[28].
Peinture
Résumé
Contexte
Du Moyen Âge, et ce jusqu'au XVIIIe siècle, la Confrérie du Puy Notre-Dame d'Amiens est une confrérie de laïcs présentant chaque année des poèmes en l'honneur de la Vierge Marie qui se voyaient ensuite adaptés en tableau. Plusieurs villes picardes connaîtront de telles assemblées, comme Abbeville, proposant également des puys, dont certains sont exposés au Musée de Cluny[29].
Vers la fin du Moyen Âge, la Picardie se voit aussi représentée au sein du mouvement des Primitifs flamands avec Simon Marmion, peintre originaire d'Amiens. Au XVIe siècle, François Dubois peint le célèbre tableau Le Massacre de la Saint-Barthélémy, illustrant les barbaries du . À l'instar de Jean Calvin, autre Picard, il ira se réfugier à Genève, où il finira ses jours.
La ville de Beauvais offre deux peintres de renoms illustrant le maniérisme du Nord, du XVIe au XVIIe siècle, avec Antoine Caron et Quentin Varin. Caron est une figure majeure du maniérisme du Nord à la française ; la peinture de Varin, maniériste également, s'inspire d'abord de la peinture flamande, puis de la seconde École de Fontainebleau et de la peinture italienne. Au siècle suivant, le peintre Pierre Patel sera un représentant majeur de l'Atticisme en peinture.
Les Frères Le Nain, trio de peintres originaires de Laon au tournant des XVIe au XVIIe siècle, font preuve d'un réalisme très marqué, leurs œuvres illustrant souvent des scènes paysannes appelées bambochades, issues des peintures hollandaise et italienne[30]. Ces trois peintres furent formés par un maître étranger, que l'on suppose flamand[31],[32] ou néerlandais, en raison des traits stylistiques de leurs œuvres, les rapprochant plutôt d'un Frans Hals que du Caravage[33].
Au XVIIIe siècle, les peintres picards s'inscrivent dans le mouvement rococo avec Quentin de La Tour, célèbre portraitiste, surnommé « le prince des pastellistes », en plus de son Autoportrait au jabot de dentelle, il a notamment peint les portraits de personnages illustres comme Rousseau, Voltaire, D'Alembert, de Madame de Pompadour ou d'Isabelle de Charrière.
Parmi les grands noms de la peinture issus de la Picardie, l'on pourrait citer le senlisien Thomas Couture et ses Romains de la décadence, œuvre monumentale exposée au Musée d'Orsay. S'ajoute également le célèbre catésien Henri Matisse, né au Le Cateau-Cambrésis et élevé à Bohain-en-Vermandois.
La Picardie est aussi représentée dans la peinture, voici une liste de plusieurs tableaux la représentant :
- Peintures représentant la Picardie
- Gerberoy, Henri Le Sidaner
- Xavier Dourlens, l'Abbaye du Mont-Saint-Éloi
- Maison Blanche, Gerberoy, Henri Le Sidaner
- Ferme Picarde, Caroline Malézieux
- Charles Desavary, Chaussée Brunehaut
Sculpture
Gastronomie
La gastronomie picarde repose sur les quatre principaux produits de ses terroirs : la pomme, le lait, la viande et les fruits de mer. Ces abondants produits constituent la base de nombreuses spécialités régionales.
On peut citer parmi les spécialités locales les plus notables : le gâteau battu, la flamiche aux poireaux, la crème Chantilly, le Haricot de Soissons, le macaron d'Amiens et la tuile d'Amiens[34],[35]. Pour les fromages : le Rollot, le Maroilles et le Dauphin[36]. La région produit également plusieurs bières[35].
- Les moutons de la baie de Somme.
- Vignoble de Picardie au pied du château de Coucy.
- Le Rollot de Picardie.
- Le Gâteau battu.
- Cidre de Saint-Thibault

Un estaminet est, en Picardie, un petit café populaire servant en général de la bière et proposant aussi du tabac et des jeux traditionnels[37]. Les estaminets font partie du patrimoine culturel de cette région.
Héraldique, logotype et devise
Résumé
Contexte
Les armoiries de la Picardie se blasonnent ainsi : |
Une autre version des armoiries de la Picardie se blasonne ainsi : |


Le drapeau picard reprend fidèlement les armoiries picardes, elles ont été établies à partir des armes de la « nation picarde » de l'université de Paris qui nous sont connues par des sceaux datant du XVIe siècle. Les fleurs de lys symbolisent l'appartenance au royaume de France, les lions rappellent les liens de la Picardie avec les provinces du nord : Flandre, Brabant, Hainaut, Luxembourg.
Cependant, le drapeau rappelant les armoiries de la Picardie est utilisé lors de manifestations culturelles ou de loisirs, par des particuliers voire certaines collectivités, et orne des lieux picards emblématiques. La gendarmerie nationale utilisait les armoiries de la Picardie sur son uniforme dans les trois départements picards : Aisne, Oise et Somme.
Réveillez-vous Picards est un ancien chant guerrier picard, actuellement hymne régional de Picardie, et serait issu de l'air chanté avant 1479 par les bandes de Picardie, qui sont à l'origine, entre autres, du régiment de Picardie. Il aurait été composé par un certain sieur de Blancousys à La Neuville-sous-Oudeuil, dans le Beauvaisis, en Picardie, et aurait été exécuté par Louis XI à Péronne, toujours en Picardie.
La devise de la Picardie est celle de la ville d'Abbeville, « Fidelissima »[38],[39], en français « très fidèle »[40], sous entendu « à la France ».
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
Notes et références
Wikiwand - on
Seamless Wikipedia browsing. On steroids.