Aminata Sow Fall
écrivain sénégalaise De Wikipédia, l'encyclopédie libre
Aminata Sow Fall, née le à Saint-Louis (Sénégal)[1] dans une famille Wolof, elle est une femme de lettres sénégalaise, surtout romancière – l'une des pionnières de la littérature africaine francophone[2].
Aminata Sow Fall
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Romans, essais, théâtre, poésie |
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Distinction |
Grand prix littéraire d'Afrique noire (1980) Prix international pour les lettres africaines (1982) |
Aminata Sow Fall porte un regard critique sur une société sénégalaise en pleine mutation dont elle dénonce l'hypocrisie et, comme d'autres femmes de sa génération, l'idéologie patriarcale[2]. Ainsi, dans son œuvre la plus connue, La Grève des bàttu ou les déchets humains, qui lui a valu le Grand prix littéraire d'Afrique noire en 1980, elle imagine — en s'appuyant sur des faits réels — une grève de mendiants chassés de la capitale par des autorités soucieuses de promouvoir le tourisme[3]. Les romans d'Aminata Sow Fall sont devenus des classiques, aujourd'hui inscrits dans les programmes d'enseignement[2]. Dans son discours inaugural au Collège de France, l'écrivain Alain Mabanckou la « considère comme la plus grande romancière africaine »[4].
Biographie
Résumé
Contexte
Née en 1941 à Saint-Louis au Sénégal, Aminata Sow Fall perd son père dès l'âge de huit ans[5]. Après quelques années de scolarité au lycée Faidherbe – aujourd'hui au lycée Cheikh Omar Foutiyou Tall – de Saint-Louis, Aminata Sow Fall accompagne sa sœur mariée à Dakar et poursuit ses études secondaires au lycée Van Vollenhoven – aujourd'hui lycée Lamine Guèye –, où elle obtient son baccalauréat[2].
Elle part en France pour entreprendre des études d'interprétariat ainsi qu'une licence de Lettres modernes et fait la connaissance de son futur mari, Samba Sow, à Paris[2].
Après son mariage, elle rentre au Sénégal pour d’abord se dédier à l’enseignement dans plusieurs établissements, à Rufisque et à Dakar. De 1974 à 1979, elle est membre de la Commission nationale de réforme de l’enseignement du français et participe à l'élaboration de manuels scolaires[2].
La reconnaissance internationale dont bénéficie La Grève des bàttu en 1979-1980 marque un tournant dans son parcours[6]. Ce roman est adapté au cinéma pour le film intitulé Bàttu, réalisé par le cinéaste malien Cheick Oumar Sissoko et sorti en 2000[7].
De 1979 à 1988, directrice des Lettres et de la propriété intellectuelle au ministère de la Culture et du Centre d’études et de civilisations, elle contribue à la fondation de la maison d’édition Khoudia[8], du Centre africain d’animation et d’échanges culturels, du Bureau africain pour la défense des libertés de l’écrivain à Dakar et du Centre international d’études, de recherches et de réactivation sur la littérature, les arts et la culture à Saint-Louis[9].
Toujours absorbée par l'écriture, la romancière partage son temps entre Dakar, Saint-Louis et d'autres destinations à l'étranger, car elle est souvent sollicitée pour des conférences en relation avec son œuvre ou des thèmes plus larges tels que l'éducation, la culture ou la paix[2]. Elle observe avec acuité le monde qui l'entoure : « L'artiste n'est pas dans une tour d'ivoire. Son rêve ne l'empêche pas de sentir le bouillonnement de la cité »[10], mais elle se défend toutefois de tout engagement politique partisan[11].
En 2015, elle obtient le Grand prix de la francophonie remis annuellement par l'Académie française à une personnalité qui contribue à l'épanouissement de la langue française à travers le monde[12].
Vie privée[1]
Aminata Sow Fall est mère de sept enfants, parmi lesquels, le rappeur Abass Abass[13].
Œuvres
Résumé
Contexte
- Le revenant : [roman], Dakar, Nouvelles Éditions africaines, , 125 p. (ISBN 9782723601092 et 2723601099, OCLC 3243870, lire en ligne)[14],[15]
- La Grève des Bàttu ou les déchets humains (réédité en France en 2001 par les éditions Serpent à plumes • présélectionné par le jury du prix Goncourt en 1979), Dakar, Nouvelles Éditions africaines, , 131 p. (ISBN 9782723604376 et 2723604373, OCLC 1106926074, lire en ligne)[16],[17],[2]
- L'appel des arènes (présélectionné par le jury du prix Goncourt en 1982), Dakar, Nouvelles Éditions africaines, , 144 p. (ISBN 9782723608374 et 2723608379, OCLC 9472546, lire en ligne)[18]
- Ex-père de la nation : roman, Paris, L'Harmattan, coll. « Collection Encres noires », , 189 p. (ISBN 9782858028757 et 2858028753, OCLC 957041528, lire en ligne)[19]
- Le jujubier du patriarche : roman (Édité par Serpent à plumes, Paris, 1998), Dakar, CAEC : Éd. Khoudia, coll. « Collection Roman » (no 5) (1re éd. 1993), 144 p. (ISBN 9782842610449 et 2878950062, OCLC 464020975, lire en ligne)[20],[21],[22]
- Douceurs du bercail, Abidjan, Nouvelles éditions ivoiriennes, (ISBN 9782911725463 et 2911725468, OCLC 406296661, lire en ligne)[23],[24]
- Sept écrivains au stade, Paris, Le Monde, coll. « Le serpent a plumes », ca. 1998, 47 p. (OCLC 174438419, lire en ligne)
- Le refus des mendiants (spectacle) en collaboration avec Alioune Diop ; d'après le roman d'Aminata Sow Fall : " la Grève des mendiants "[25]
- Un grain de vie et d'espérance (réflexion sur l'art de manger et la nourriture au Sénégal, suivie de recettes proposées par Margo Harley), Paris, Truffaut, coll. « Collection Saveurs de la réalité », , 141 p. (ISBN 9782951661455 et 2951661452, OCLC 49568305, lire en ligne)[26],[27]
- Sur le flanc gauche du « Belem », Arles, Actes Sud ; Fondation Belem, coll. « L'odyssée atlantique », , 39 p. (ISBN 9782742740444 et 2742740449, OCLC 469592336, lire en ligne)[28]
- Festins de la détresse : roman, Saint-Jean-du-Gard, Or des fous, coll. « Terres d'écritures » (no 1), , 158 p. (ISBN 9782915995039, 9782829003189 et 9782847701012, OCLC 62176047, lire en ligne)[29]
- L'empire du mensonge : roman, Dakar, C.A.E.C/Khoudia éditions, , 133 p. (ISBN 9782878950366 et 2878950364, OCLC 1007164615, lire en ligne)[30],[6],[31]
Aminata Sow Fall est également l'auteure de pièces de théâtre et de poèmes, encore inédits[2],[32].
Récompenses et distinctions
- 1980 : lauréate du Grand prix littéraire d'Afrique noire pour La Grève des bàttu[17] ;
- 1982 : prix international pour les lettres africaines pour L'Appel des arènes (1982)[8] ;
- 1997 : nommée docteure honoris causa de Mount Holyoke College, Massachusetts[17] ;
- chevalière de l'ordre national du Mérite[33] ;
- chevalière des Palmes académiques[33] ;
- chevalière de l'ordre de la Pléiade[33] ;
- grand-croix de l'ordre national du Lion du Sénégal[34],[35] ;
- 2012 : Commandeure de l'ordre des Arts et des Lettres[36] ;
- 2015 : Grand prix de la Francophonie de l’Académie française[12].
Voir aussi
Bibliographie
- Dr Johnson Djoa Manda, « L’identité africaine dans L’appel des arènes et Le vent du sud » (téléchargeable gratuitement), Annales du Patrimoine, no 75, (ISSN 1112-5020, OCLC 7179203168, lire en ligne)
- Chahinda Ezzat, « Le jujubier du patriarche », roman africain entre oralité et écriture (livre numérique), Saarbrücken, Éditions Universitaires Européenes, (ISBN 9786131540134 et 6131540136, OCLC 863999658, lire en ligne)
- Christiane Achour, Corinne Blanchaud, Bernard Cerquiglini et Jean-Marc Moura, Marie-Françoise Chitour, « Aminata Sow Fall » dans Dictionnaire des écrivains francophones classiques Afrique subsaharienne, Caraïbe, Maghreb, Machrek, Océan Indien, Paris, H. Champion, coll. « Champion les dictionnaires », , 472 p. (ISBN 9782745321268 et 2745321269, OCLC 708366995, lire en ligne), p. 426-430
- Catherine Mazauric, Fictions de soi dans la maison de l'autre (Aminata Sow Fall, Fatou Diome, Ken Bugul), vol. 74-75 (document numérique téléchargeable gratuitement), Dalhousie French Studies / Identité et altérité dans les littératures francophones, (OCLC 783878683, lire en ligne), p. 237-252
- Médoune Guèye, Aminata Sow Fall, oralité et société dans l’œuvre romanesque, Paris, L'Harmattan, coll. « Espaces littéraires », dl 2005, 197 p. (ISBN 9782747585576 et 2747585573, OCLC 470334454, lire en ligne)
- Houda Jaafar et Papa Samba Diop, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC), Les superstitions magico religieuses : La Grève des bàttu, d'Aminata Saw [sic] Fall, Xala, d'Ousmane Sembène, Le monde s'effondre, de Chinua Achebe (Thèses et écrits académiques), (OCLC 492148546, lire en ligne)
- Mwamba Cabakulu, Boubakar Camara et Oumar Sankhare, Comprendre et faire comprendre La Grève des bàttu d'Aminata Sow Fall, Paris, L'Harmattan, , 128 p. (ISBN 9782747525107 et 2747525104, OCLC 491557094, présentation en ligne, lire en ligne)
- Lydia A. Forster, Le discours féminin sur la femme à travers les œuvres de deux romancières sénégalaises : Une si longue lettre (1979) de Mariama Bâ, La Grève des bàttu (1979) (Thèses et écrits académiques), Limoges, Faculté des Lettres et Sciences Humaines, (OCLC 799306986, lire en ligne)
- Isatou Ndow, La technique romanesque dans les œuvres d'Aminata Sow Fall, Limoges, Fac. des Lettres et Sciences Humaines, (OCLC 799306965, lire en ligne)
- (en) Deirdre Lashgari, Dorothy Davis Wills, « Economic Violence in Postcolonial Senegal : Noisy Silence in Novels by Mariama Ba and Aminata Sow Fall » dans Violence, silence, and anger : women's writing as transgression, Charlottesville, University Press of Virginia, coll. « Feminist issues (Charlottesville, Va.) », , 351 p. (ISBN 9780813914923 et 9780813914930, OCLC 31241036, lire en ligne), p. 158-171
- (en) Faustine Ama Boateng, At the crossroads : adolescence in the novels of Mariama Bâ, Aminata Sow Falls, Ken Bugul and Khadi Fall (Dissertations, Academic, Howard University), , 302 p. (OCLC 34283875, lire en ligne)
- (en) Susan Stringer, « Cultural Conflict in the Novels of Two African Writers, Mariama Ba and Aminata Sow Fall. », A Scholarly Journal on Black Women, , p. 36-41 (lire en ligne)
- Madeleine Borgomano, Lectures de L'Appel des arènes d'Aminata Sow Fall, Abidjan, Nouvelles éditions africaines, coll. « Lectures », , 80 p. (ISBN 9782723607001 et 2723607003, OCLC 462023944, lire en ligne)
- Lydia Bauer, « Discours politique et humaniste : L’Empire du mensonge d’Aminata Sow Fall et l’Heptaméron de Marguerite de Navarre », dans Margareta Kastberg Sjöblom, Alpha Barry et Andrée Chauvin-Vileno (dir.), Nouvelles voix/voies des discours politiques en Afrique francophone, vol. 1, Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté, (ISBN 978-2-84867-989-1, DOI 10.4000/books.pufc.53066, lire en ligne), p. 111-122.
Filmographie
- 2005 : L'appel des arènes (long métrage), adapté du roman éponyme d'Aminata Sow Fall, 105 min, scénario et réalisation Cheikh Ndiaye[37].
- 2000 : Bàttu, réalisé par Cheick Oumar Sissoko, 105 min[38].
- Visage : Aminata Sow Fall (court-métrage), 13 min[39].
Articles connexes
Liens externes
- Ressources relatives à la littérature :
- Ressource relative à l'audiovisuel :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- « Femme africaine : Quand la lumière jaillit de l'ombre » (article de Aminata Sow Fall sur le site Lingua Romana)
- « Aminata Sow Fall, pionnière de la littérature sénégalaise », RFI, « Littérature sans frontières », interview, Catherine Fruchon-Toussaint,
Notes et références
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