L'archipel est composé d'une douzaine d'îles, dont six sont reliées par des bancs de sable. Au début, il a été nommé Menquit en micmac, signifiant «îles battues par les vagues» ou «par le ressac», morphant au milieu du XIXesiècle vers le forme courant: Menagoesenog. D'ailleurs, l'explorateur Jacques Cartier les a nommées initialement «Araynes», du latinarena (sable). Elles ont été colonisées de façon permanente à partir de 1765 et ses habitants (nommés Madelinots et Madeliniennes) sont répartis dans plusieurs hameaux, réunis au sein de la Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine. Cette communauté fait partie de la région administrativequébécoise de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine.
Géographie
Résumé
Contexte
Localisation des Îles-de-la-Madeleine (entourées sur la carte).Vue aérienne de l'archipel.
Le territoire, anciennement très boisé, est maintenant l'objet de reboisement continu et est recouvert de forêts à près de 25%. Il est aussi très dunaire, offrant près de 300 km de plages. Au sud de l'archipel se trouvent deux îles très différentes l'une de l'autre: l'île du Havre Aubert est la plus grande, la plus boisée et est habitée par des francophones. La seconde, l'île d'Entrée, habitée par des anglophones, est une petite île non reliée par les dunes, dominée par la plus haute colline (Big Hill) de l'archipel et dotée de quelques arbres seulement, réunis en un petit boisé.
Les îles de l'archipel sont principalement reliées par quatre longues dunes et deux ponts:
Le nombre exact d'îles varie selon le décompte: traditionnellement, l'Île de l'Est était comptée comme faisant partie de l'île de la Grande Entrée, les Madelinots énumérant «les»6 îles reliées entre elles; la liste ci-haut en compte 7, tandis que Nature Québec n'en compte que 5, regroupant la Grosse Île avec l'Île de l'Est et la Grande Entrée en une seule île[2].
L'archipel comprend aussi, détachés du groupe principal:
713 naufrages ont été comptabilisés sur les îles, dus à de fortes tempêtes et à ses hauts-fonds, ce qui donne aux Îles-de-la-Madeleine le triste titre du plus grand cimetière marin en Amérique du Nord. Le dernier naufrage à ce jour est celui du Nadine, qui coula le , à quelques kilomètres des côtes. Le premier naufrage est celui du Essex, en 1741, au Corps-Mort.
L'archipel des Îles-de-la-Madeleine est sur le site d'une mer datant de l'époque où les continents étaient réunis (pangée). La mer était alors vis-à-vis l'équateur et elle s'est asséchée laissant une épaisse couche de sel, sur laquelle s'est ensuite entassée une succession de sédiments de rochesvolcaniques. La compression des nouvelles couches les a rendues plus denses que le sel sousjacent qui les précédait et ce dernier a tendance à remonter sous forme de bulles, ou colonnes, qu'on appelle dômes salins ou diapirs. Plusieurs diapirs de sel entourent l'archipel et trois gros diapirs supportent les îles: vis-à-vis l'île du Havre Aubert, l'île du Cap aux Meules et Grosse-Île, où la mine Seleine exploite le sel pour le déglaçage des routes. Ce phénomène de diapirs déformant les couches géologiques supérieures est appelé relèvement isostatique et est dû aux pressions lithostatiques de ces couches.
Une bonne partie du territoire est de formation dunaire, où l'ammophile joue un rôle important dans la fixation du sol. Les falaises nombreuses et colorées présentent aussi différentes structures. Par exemple, lorsqu'elles sont rouges et sculptées en grottes, ce sont des formations sableuses, dont l'effritement fournit les dunes en sable. On y voit aussi des siltites, des argiles, du grès, de l'albâtre, diverses roches volcaniques et du gypse, présent aussi sous forme de diapirs.
L'écureuil roux a été introduit sur l'archipel à la fin des années 1970 et s'y est très bien adapté. Une étude de densité de population a révélé une densité d'écureuils plus élevée qu'ailleurs au kilomètre carré, due en grande partie à la quasi absence de prédateurs. Notez que cette espèce se retrouve seulement sur les îles de Havre-Aubert, Cap-aux-Meules et Havre-aux-Maisons. Le lièvre d'Amérique était présent sur les îles dans le passé et la population a été détruite. En 1994, un projet de réintroduction du lièvre a eu lieu sur l'île du Havre Aubert. Aujourd'hui, on retrouve ce dernier sur cette île et sur l'île du Cap aux Meules, et la population se porte bien. Par le passé, un élevage de vison d'Amérique a eu cours sur l'île du Havre Aubert. Quelques individus se sont échappés de leur lieu de captivité et on retrouve maintenant une petite population dans les étangs bordant la lagune du Havre-aux-Basques. Également, on y trouve des poissons de tous genres.
Plus de 300 espèces ont été répertoriées aux îles de la Madeleine, mais c'est approximativement 200 espèces d'oiseaux qui fréquentent annuellement l'archipel. Ces oiseaux possèdent différents statuts: nicheurs, migrateurs, résidents, espèces hivernantes et visiteurs. Les oiseaux marins, de rivage et la sauvagine représentent la majorité des espèces qui compose l'avifaune des Îles de la Madeleine. On peut également observer des rapaces et des passereaux.
Quant aux résidents, ils sont peu nombreux. On compte environ 25 espèces, de la corneille d'Amérique, très répandue, au rare harfang des neiges. Notons enfin que le nombre d'individus et d'espèces atteint son maximum à la fin de l'été et au début de l'automne, quand les oiseaux migrateurs font leur halte dans l'archipel.
Le milieu de l'archipel est constamment balayé par le vent et subit l'influence de différents courants du golfe. Ce qui y vit y demeure fragile et vulnérable devant l'érosion. Ce processus est accéléré par les changements climatiques et la diminution des glaceshivernales et de la banquise qu'ils provoquent. La destruction des glaces agit d'ailleurs directement sur la disponibilité des aires de reproduction pour les phoques.
Eau
Le service de l'Environnement du Canada surveille constamment la qualité bactériologique des eaux coquillières et des secteurs de plage sont ainsi fermés à la cueillette de mollusques parce qu'ils sont contaminés par les eaux usées des maisons environnantes. La qualité des secteurs est déterminée par la présence, dans les échantillons d'eau, de coliformesfécaux, qui sont causés par les pollutions résidentielles et agricoles. En 2007[5], 1 700 maisons des îles ne seraient pas encore équipées correctement pour gérer leurs eaux usées; cette pollution menace également la nappe phréatique. L'eau potable est une autre ressource qui subit de fortes pressions sur le petit territoire des Îles: plus elle est drainée de sa nappe naturelle, plus cette dernière est vulnérable à l'invasion de l'eausalée, qui est définitive.
Les déversements accidentels ou volontaires d'hydrocarbures dans le golfe du Saint-Laurent sont une autre source importante de pollution dans la région. Les oiseaux en sont les principales victimes, l'engluage les condamnant souvent à la mort par hypothermie. Une grosse partie de ces déversements est due aux navires qui se débarrassent illégalement de leurs huiles usées dans les eaux côtières du Canada. La région a subi aussi plusieurs déversements accidentels, dont celui, en mars 1970, de la bargeIrving Whale, qui a libéré 30 tonnes de combustible de soute entre l'Île-du-Prince-Édouard et les îles de la Madeleine, après qu’un de ses panneaux se soit détaché pendant une tempête. La nappe a dérivé jusque dans une aire d’alimentation d'eiders, contaminant environ 5 000 oiseaux. Ce déversement a fait presque autant de dégâts que celui de l’Arrow, dont il ne représentait que 1% de l’ampleur. Encore en 2006, on en retrouve des résidus qui ont été enfouis dans les dunes des Îles-de-la-Madeleine.
Sources d'énergie
Les Îles-de-la-Madeleine sont alimentées par une centrale thermique fonctionnant avec des moteurs diesel alimentés par du Mazout. C'est la centrale de ce genre la plus puissante en Amérique du Nord. Une éolienne expérimentale a été installée aux îles en 1977, mais le projet ne fut pas très concluant. De plus, une tentative d'introduction d'un petit parc éolien à l'île d'Entrée a échoué en 2006. Le vent est une ressource considérable sur l'archipel. Un projet de 2 éoliennes est présentement en marche tout près de la dune du Nord. Toutefois jumeler l'éolien et les moteurs diesel afin d'assurer un service adéquat représente un défi. Un projet d'évaluation d'implantation d'un câble sous-marin permettant de relier la centrale hydroélectrique de Percé aux Îles-de-la-Madeleine est actuellement à l'étude par Hydro-Québec et devrait se conclure dans les prochains mois de 2021. Advenant des conclusions positives, les Îles pourraient éventuellement voir leur source principale d'alimentation en électricité changer pour l'hydroélectricité plutôt que l'électricité thermique, ce qui serait beaucoup moins dommageable pour l'environnement.
Le coût du projet de câble sous-marin est évalué à 2,3 milliards de dollars sur quarante ans en 2022. S'il est approuvé, les travaux doivent débuter en 2024 et la mise en service avoir lieu en 2027[6].
Climat
Davantage d’informations Mois, jan. ...
Relevé météorologique de Îles de la Madeleine (1981-2010) - altitude: 10,7 m - 47° 25′ N, 61° 47′ O
Moyennes: • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm
Histoire
Résumé
Contexte
Occupation autochtone
Les archéologues estiment que la première présence humaine sur l'archipel remonte à près de 10 000 ans, soit durant la période du paléoindien récent[14]. Cette estimation est basée sur la découverte de pointes de projectiles caractéristiques du paléoindien, similaires à celles trouvées ailleurs dans les Maritimes, telles que des pointes de lances à base concave ou des pointes lancéolées. Elle demeure toutefois imprécise puisqu'aucun matériel organique en provenance d'un site paléoindien n'a pu être daté à ce jour à l'aide du carbone 14. Étant donné que des Autochtones ont fréquenté la Nouvelle-Écosse depuis 12 500 ans, il n'est pas exclu que les Îles de la Madeleine aient pu recevoir des visiteurs encore plus tôt qu'estimé présentement. Quoi qu'il en soit, l'archipel a par la suite été abondamment visité durant les millénaires qui ont suivi, c'est-à-dire durant les périodes de l'archaïque et du sylvicole, et ce, jusqu'à la période de contact avec les Européens.
Il n'est pas encore clair si les peuplements autochtones s'installaient aux Îles de façon temporaire ou permanente. En raison de leur éloignement du continent et de l'absence de mammifères terrestres de grande taille, certains pensent que les Îles de la Madeleine n'étaient fréquentées que durant la période estivale, notamment pour les quantités abondantes de morses, de phoques, de poissons, de mollusques et d'oiseaux[15],[16]. L'archipel est nommé Menquit par les Micmacs, mot signifiant «îles battues par les vagues». À partir du milieu du XIXesiècle, Menagoesenog («îles battues par le ressac») est utilisé[15],[16].
L'explorateur français Jacques Cartier offre la première description des îles. Le , il atteint les rochers aux Oiseaux (qu'il nomme «Isle aux Margeaux»). Il explore l'île Brion, nommée en l'honneur de son protecteur Philippe Chabot de Brion. Il longe ensuite le littoral ouest de l'archipel sans réaliser son caractère insulaire. Lors de son deuxième voyage au Canada en 1536, il baptise les îles du nom d'Araynes. Le terme, provenant du mot latinarena signifiant sable, fait référence aux bancs de sable reliant les îles entre elles[17]. Les premiers pêcheurs européens font leur apparition dans la deuxième moitié du siècle.
Les années 1590 sont une décennie marquante puisque plusieurs pêcheurs bretons, basques, anglais et micmacs se côtoient et fréquentent maintenant les îles. En , l'armateur français La Court de Pré-Ravillon et de Granpré, un malouin comme Cartier, mène une expédition dans les îles à bord du Bonaventure. Il en fait une description détaillée[18]. À cette époque, les pêcheurs nomment l'archipel «Raméa», en raison de son aspect ramifié. Le nom évoluera en îles «Ramées»[15]. Toutefois, en 1593, dans le récit du Marigold, un navire anglais, c'est le nom micmacMenquit qui est mentionné. Le , une première bataille entre Français et Anglais en Amérique du Nord se déroule dans le havre d'Halabolina, celle-ci oppose les Anglais du navire Hopewell, mené par Charles Leigh, à 300 Basques et Bretons ainsi que 300 de leurs alliés Micmacs[18]. Sur sa carte de 1632, l'explorateur Samuel de Champlain nomme l'île du Havre Aubert du nom de la «Magdelène», sans donner d'explications sur ce choix[15].
François Doublet lui succède comme propriétaire le . Il obtient du roi de renommer l'archipel en l'honneur de sa femme Madeleine Fontaine[15]. À son arrivée à la mi-, son expédition découvre une vingtaine de Basques dans une maison. Des logements et un magasin sont construits durant l'été afin de faire hiverner des hommes pour chasser le phoque et récolter leurs huiles. Rentré en France pour l'hiver, il découvre l'archipel déserté à son retour en 1664[19].
Richard Denys, fils du premier propriétaire, recouvre ses droits et envoie régulièrement des pêcheurs aux îles de la Madeleine[20]. En 1686, la Compagnie des pêches sédentaires de l’Acadie obtient le monopole de la pêche des îles. La compagnie, dissoute en 1702, aura conçu un plan original d'hivernement impliquant des Français et des Micmacs[20]. Entre 1706 et 1720, Joseph Juchereau de la seigneurie de Beauport fréquente les îles, toujours pour la pêche.
À la suite du traité d'Utrecht, la France réoriente ses visées en Acadie. Les îles de la Madeleine entrent dans l'aire d'influence de la colonie de l'Île-Royale. Elles occupent une nouvelle position stratégique étant à mi-chemin la nouvelle forteresse de Louisbourg et Québec. Les autorités françaises accordent aux Micmacs une protection dans leur chasse aux morses, qui permet la production d'huile négociée à Louisbourg. La hausse du commerce entre l'Acadie et le Canada pourrait être la raison de l'établissement de Canadiens de la région de Québec dans l'archipel dans les années 1730[21].
Colonisation acadienne
Une partie des habitants des îles sont des descendants d'acadiens expropriés par les Britanniques.
Après la guerre de la Conquête, en 1760, le colonel britannique Richard Gridley(en) obtient l'archipel et commence à engager des Acadiens pour venir aux Îles faire le commerce de la chasse aux morses. En 1763, le traité de Paris place les îles de la Madeleine sous l'autorité de la colonie de Terre-Neuve. En 1765, la petite colonie compte désormais 22 engagés Acadiens installés dans 5 maisons au Havre-Aubert, l'huilerie de morse est quant à elle installée à la Grosse-île. Ces 22 engagés de Gridley, employés de The Sea Cow Fishery, prononcent le serment d'allégeance à la couronne britannique le , ce qui marque le début officiel de la colonisation permanente des Îles de la Madeleine[22]. Dans les années suivantes, la population regroupe une quinzaine de familles. Les habitants sont principalement issus de l'île Saint-Jean et portent entre autres les noms de Boudreau, Chiasson, Cormier, Lapierre, Haché, Doucet, Desroches ou Poirier. Avec l'Acte de Québec de 1774, l'archipel est rattaché à la province britannique de Québec.
Dans les années 1780-1790, après plus de 200 ans de chasse intensive, les troupeaux de morses sont complètement anéantis, le dernier aurait été vu en 1799. La morue devient alors la ressource privilégiée par les pêcheurs de la Nouvelle-Angleterre[23]. En 1783, le traité de Versailles met fin à la Guerre d'indépendance américaine et permet aux Américains de conserver le droit de pêcher dans les eaux des Îles et de venir sur les côtes pour y préparer leurs captures. À la suite de la Révolution française, le prêtre réfractaire Jean-Baptiste Allain conduit environ 250 Acadiens de Saint-Pierre-et-Miquelon dans l'archipel[24]. La population est principalement concentrée sur l'île du Havre Aubert. Les toponymes de Bassin, Cap-aux-Meules et d'île d'Entrée apparaissent dans les années suivantes.
En 1787, le lieutenant-gouverneur de l'île Saint-Jean demande l'annexion des îles de la Madeleine. Le marin loyaliste Isaac Coffin(en) demande au même moment au gouvernement de Québec de lui faire don des îles. Il deviendra finalement propriétaire à perpétuité en 1798, puis exproprie Gridley. Le morse disparaît des îles l'année suivante[25]. À sa première visite en 1806, Coffin dénombre 223 habitants d'origine française. Il demande leur éviction au gouvernement du Bas-Canada, sans succès.
Développement de l'agriculture et des institutions
Cette section contient une ou plusieurs listes. Le texte gagnerait à être rédigé sous la forme de paragraphes synthétiques. Les listes peuvent demeurer si elles sont introduites par une partie rédigée et sourcée, de façon à bien resituer les différents éléments(avril 2024).
Le père Allain effectue des missions estivales au tournant du 19esiècle. La chapelle Notre-Dame-de-la-Visitation est construite à Havre-Aubert[26]. En 1811, Joseph-Octave Plessis, évêque de Québec, accoste dans l'archipel durant un voyage dans les Maritimes. Par la suite, le diocèse enverra des prêtres canadiens desservir la région. L'abbé Pierre Béland sera le premier prêtre résident et exclusif aux îles, arrivé en 1825[27]. L'archipel est rattaché au diocèse de Charlottetown dès sa création en 1829 et ce jusqu'en 1946[28].
À la suite de diverses misères et injustices auxquelles ils sont alors soumis, les Madelinots se mettent à émigrer continuellement vers des terres nouvelles. Ils vont ainsi fonder plusieurs villages de la basse Côte-Nord dont
En 1888, le gouvernement Mercier fait faire une étude sur la tenure des terres aux Îles-de-la-Madeleine; cela mènera à une loi sur le rachat des terres en 1898, mais on ne réglera définitivement le problème que 70 ans plus tard, sous le régime Duplessis, en rachetant les droits seigneuriaux et en faisant exécuter un nouveau cadastre.
Dans les décennies qui suivirent, la propriété des Îles changea de mains plusieurs fois.
En 1895 est formé le comté des Îles-de-la-Madeleine. Au provincial le gouvernement du Québec permet aux Madelinots de racheter leurs terres du concessionnaire. Débarrassés des tracasseries colonialistes, ils mettront dès lors leurs efforts à surmonter leurs difficultés et à viser l'autosuffisance.
En 1896, une vingtaine de familles vont s'établir comme colons à Lac-au-Saumon, dans La Matapédia. Dix ans auparavant, une trentaine de familles originaires des Îles et vivant sur la Côte-Nord étaient allées fonder Saint-Théophile en Beauce.
En 1910, à la suite de la rupture du câble de télégraphie sous-marin on envoie un Ponchon (Baril de mélasse) à la mer contenant entre autres des lettres demandant l'installation de la télégraphie sans-fil aux Iles-de-la-Madeleine.
En 1912 et 1913, de nombreux Madelinots émigrent à Kénogami. En 1925, on y dénombre 140 familles originaires des Îles.
En 1990, naufrage du chalutier madelinot Nadine, ce qui secoue fortement la population locale. Il sombre à 10 miles des Îles, faisant 8 morts comprenant sept Madelinots et une scientifique.
Le 1erjanvier2002, les municipalités des Îles-de-la-Madeleine sont fusionnées pour créer une seule municipalité.
En juin 2004, Grosse-Île et Cap-aux-Meules votent en faveur de la «défusion», leur restituant leur ancien statut.
Au début de 2007, pendant l'hiver, deux incendies majeurs frappent les usines de transformation des produits marins, près des installations portuaires: Madelipêche, à Cap-aux-Meules, et Madelimer, à Grande-Entrée.
En 2008, naufrage de l'Acadien II, un bateau des Îles, au large du Cap Breton.
Économie
Résumé
Contexte
Pour la plupart des descendants des Acadiens, les Madelinots ont vécu surtout de l'agriculture et de la pêche, et, surtout, aujourd'hui, de celle du homard. Le déclin de la pêche du poisson a favorisé à faire du tourisme une activité économique aussi importante, qui a transformé la vie économique des Îles particulièrement rapidement dans les années 1990 et 2000. On retrouve quelques grosses compagnies engagées dans la transformation: Gros-Cap, Norpro 2000, Madelipêche et Madelimer. Les incendies des deux dernières auront des conséquences certaines sur l'économie des Îles pendant la saison 2007.
L'exploitation minière du sel, à la mine Seleine et la chasse aux phoques sont d'importantes source de revenus pour les Madelinots, cette dernière se déroulant au mois de mars, profitant de la mise bas des phoque du Groenland et à capuchon sur la banquise. Il est à noter que la chasse des blanchons (petit du phoque) est interdite depuis 1988.
Aujourd'hui, bien que l'industrie de la pêche (exploitation et transformation) demeure la première activité économique de l'archipel, l'industrie touristique s'est quant à elle hissée au deuxième rang avec des retombées évaluées à quelque 50 millions de dollars par année.
Les pêches au homard et au crabe (crabe des neiges) constituent une grosse part des revenus liés à la pêche, leurs marchés s'étant fort développés ces dernières années et les populations s'étant bien maintenues.
Les mollusques
La culture de certains mollusques s'y pratique et assure une bonne production de moules (mytiliculture), de pétoncle (pectiniculture) et de coques (myiculture), entre autres dans la lagune d'Havre-aux-Maisons. Une nouvelle entreprise, La moule du large, s'est lancé dans l'élevage de moules et d'huître en mer ouverte depuis 2007. Il s'agit d'ailleurs du seul élevage d'huîtres québécoises. On pêche aussi le pétoncle de façon traditionnelle. On pêche aussi la palourde et un peu de couteau de mer. Le buccin est aussi exploité commercialement.
Les transports sont une préoccupation constante pour les Madelinots. L'avion et le bateau sont les deux moyens de transport pour accéder au reste du continent. L'aéroport local est le Les Îles-de-la-Madeleine.
Pascan Aviation assure trois vols en destination de l'archipel chaque jour, dont certaines lignes passent par Bonaventure(Gaspésie), Mont-Joli, Québec, Montréal (St-Hubert). Air Canada Express offre deux vols par jour au départ de Montréal et Québec et faisant une escale à Gaspé.
Air Saint-Pierre assure également une liaison depuis Saint-Pierre-et-Miquelon.
Pour le transport par bateau, la Coopérative de transport maritime et aérien possède plusieurs navires, notamment le Madeleine qui faisait la liaison entre Cap-aux-Meules et Souris à l'Île-du-Prince-Édouard jusqu'en . Depuis, c'est le nouveau navire Madeleine II qui réalise cette liaison. Un service de transport de marchandises est assuré une fois par semaine en partance de Montréal l'été et de Matane pendant l'hiver. Depuis le début des années 2000, un service de croisières est offert aux Québécois désirant visiter l'archipel. Quatre lieux d'embarquement sont prévus soit: Montréal, Québec, Matane et Chandler en Gaspésie[29].
Au fil de son histoire de communauté insulaire criblée d'exodes et d'immigrations, le peuple madelinot s'est forgé un dialecte propre, appartenant à la famille des dialectes acadiens, qui est truffé d'emprunts et d'adaptations venant de la langue anglaise. Sébastien Cyr nous apprend, dans son glossaire Le sel des mots, 1 200 mots du langage madelinot. Ainsi, éloise signifie «éclair électrique», élan «bon laps de temps», loup-marin «phoque» et forlaquer «manquer à ses devoirs moraux», en parlant de la femme[30]. Plusieurs spécificités sont redevables à la géographie (pied-de-vent, éloise, un vent à écorner les bœufs) et à la biodiversité (foin de dune, loup-marin, échouerie), qui ont tantôt maintenu en vie de vieux mots, tantôt créé le besoin de néologismes.
Organismes culturels
Il y a plusieurs organismes culturels dont AdMare, Centre d'artistes en art actuel des Îles-de-la-Madeleine, fondé en 1998[31], Arrimage, Corporation culturelle des Îles-de-la-Madeleine, fondée en 1990[32] et Au Vieux Treuil[33].
Tourisme
Site historique de La Grave.La plage du Bout du banc (Sandy Hook) à Havre-Aubert.
Les Îles sont un espace exceptionnel au milieu du golfe, offrant aux visiteurs leur nature sculptée par les vagues et le vent et également leur patrimoineculturel original:
Un élevage de sangliers se fait à Fatima et des produits transformés de sanglier s'y font aussi.
Coucher de soleil, Îles-de-la-Madeleine.Le Fumoir d'Antan, à Havre-aux-Maisons, produit notamment du maquereau fumé et de l'anguille fumée.
Miel en Mer, à Havre-aux-Maisons, produit du miel naturel.
Plusieurs producteurs indépendants des Îles mettent en pots Mason des produits de la mer et de la terre, dont les plus commercialisés seraient le maquereau, les palourdes, et le tomali (pâte de homard).
Les Cafés du Moussonneur transforme, torréfie et prépare des cafés d'exceptions. Les grains de café sont disposés sur les plages de l'Archipel et s'imprègent d'un franc caractère salin.
À Havre-aux-maisons, le «Barbocheux» fabrique de la «bagosse». Il s'agit d'un vin typiquement madelinot, fait à base de végétaux cultivés et sauvages.
En plus du pétoncle produit par l'élevage en suspension depuis 2006, Culti-mer produit de la moule. Des produits exclusifs comme le pétoncle vivant "princesse" y sont produits et expédiés à l'année sur les marchés de Québec et Montréal.
D'excellentes moules d'élevage sont produites dans l'archipel, entre autres par Moules de Culture des Îles et Grande-Entrée Aquaculture.
La Boulangerie Madelon, à Cap-aux-Meules, offre une diversité de palourdes[34].
Le Verger Poméloi, sur l'île-du-Havre-Aubert, fabrique des gins à saveur d'eau-de-vie de pommes[35].
Médias
De nombreux moyens de communication sont à la disposition des madelinots. Les madelinots sont desservis par une radio communautaire, CFIM, qui organise un Concours des Châteaux de Sable des Iles de la Madeleine (CFIM 92.7) depuis le . Un hebdomadaire (Le Radar) est distribué dans un grand nombre de points de vente sur l'archipel. Une compagnie de cablodistribution offre un service télévisuel. Internet, quant à lui, est offert sur le territoire madelinot depuis .
Culture populaire
Le roman Entry Island (2013), de l'auteur écossais Peter May, se déroule sur les Îles, notamment l'Ile d'Entrée, et met en scène une enquête de la Sureté du Québec concernant un homicide lié à l'arrivée de migrants écossais au milieu du XIXesiècle dans la foulée des Highland Clearances.
Nombreux chercheurs de diverses universités et centres de recherches gouvernementaux visitent l’archipel chaque année afin d’y mener leurs recherches. En effet, les Îles-de-la-Madeleine présentent des particularités très intéressantes sur le plan des habitats naturels marins et terrestres, ainsi que sur le plan historique.
Au recensement de 2016, l'archipel compte 12 010 habitants[38], dont l'origine est acadienne à 85%, le reste de la population est soit canadienne-française, gaélique (écossaise, irlandaise) ou anglaise. Les habitants ont 94% le français comme langue maternelle et l'anglais pour environ 6% de la population. Les membres de la communauté de langue anglaise se concentrent à Grosse-Île, Old Harry et l'île d'Entrée. De façon générale, la population anglophone a commencé à décliner après la Seconde Guerre mondiale, surtout à l'île d'Entrée. Étant restée homogène et relativement isolée pendant longtemps, la population s'est vue intégrer de plus en plus de personnes d'origines ethniques diverses, qui restent néanmoins peu nombreuses, surtout depuis le boum touristique au tournant du siècle.
Villages
Église Saint-François-Xavier de Bassin.Église Saint-Pierre de Lavernière (Étang-du-Nord).
Les habitants des Îles-de-la-Madeleine, se regroupent en 11 localités ou «autour de 11 clochers»:
Pol Chantraine, écrivain d´origine belge a vécu la plus grande partie de sa vie aux îles.
Eudore Labrie (1917-2006), communément appelé «Docteur Labrie», est un médecin, pharmacien, dentiste, chirurgien et homme politique, originaire de Saint-Quentin, au Nouveau-Brunswick; ayant œuvré dans le domaine de la santé aux îles de 1948 à 1992. On l'honora en 1993 en baptisant la bibliothèque médicale de l'hôpital ainsi que le CHSLD en son nom. Il a aussi été maire de Cap-aux-Meules de 1961 à 1967. Un endroit à Cap-aux-Meules est appelé «la butte du Docteur Labrie». Cette butte est baptisée ainsi, car sa demeure y était installée.
Céline Lafrance, écrivaine, cinéaste et animatrice radiophonique originaire de Maniwaki et installée aux Îles de la Madeleine depuis 1996[46].
Léo Lasalle, médecin aux Îles de 1972 à 1981. Par la suite, Dr Lasalle pratique la médecine à Verdun et dans de nombreux CHSLD et Centres Hospitaliers. En particulier l’hôpital de réadaptation Villa Medica où il a mis sur pied le programme de réadaptation des victimes de brûlures graves au sein du Centre d’expertise pour le traitement des victimes de brûlures graves de l’ouest du Québec. Il a aussi fondé deux organismes de soutien pour des personnes avec des handicaps, le Théâtre Aphasique et Entraide Grands Brûlés. Il a aussi fait partie du comité pour l’implantation de la radio communautaire CFIM (1977-1981)
Jean Lemieux, cet écrivain et médecin né à Iberville vit présentement aux Îles et y a vécu plusieurs années de sa vie. Les intrigues dans ses romans se déroulent aux Îles-de-la-Madeleine. Il fait référence à une multitude de lieux dans son œuvre.
Jean Lapierre (1956-2016) avocat, analyste politique et homme politique fédéral, député de la circonscription fédérale de Shefford au Québec de 1979 à 1992 et député de la circonscription fédérale d'Outremont de 2004 à 2007 né à Bassin, Qc, le . Il décède le à Havre-aux-Maisons, Qc[48],[49].
Mario Cyr, photographe - vidéaste spécialisé dans les eaux arctiques
Les frères Stéphane et Steeve vigneault, combattants professionnels d'Arts Martiaux Mixtes
Voir aussi
Lectures suggérées
Pauline Carbonneau, Découverte et peuplement des Îles-de-la-Madeleine, Éditions La Morue verte, 2016. 280 pages.
Céline Lafrance, Des Îles de la Madeleine à l'île Nepawa: récit de vingt-sept familles madeliniennes ayant émigré en Abitibi en 1941 et 1942, Éditions La Morue verte, 2017. 325 pages.
Deux cents ans d'histoire - Album souvenir, Musée de la Mer, Îles-de-la-Madeleine, 1993. 212 pages, nombreuses photos en n&b.
Azade Harvey - Auguste LeBourdais, naufragé en 1871 aux Îles-de-la-Madeleine, Éditions Intrinsèque, Montréal, 1979. 80 pages, photos en n&b.
Paul Larocque et Jean-Charles Fortin, Histoire des Îles-de-la-Madeleine, PUL, Coll. «Les régions du Québec», 2003, 406 pages.
Jean-Charles Fortin, Les Îles-de-la-Madeleine, PUL, Coll. «Les régions du Québec... Histoire en bref», 2004, 192 pages.
Pierrette Molaison, Je vis sur une île, Éditions du Flâneur, Îles-de-la-Madeleine, 2023, 184 pages[50].
On ne met pas de traits d'union quand on parle de l'archipel, mais on en met quand on parle de la municipalité ou de la région. Voir la notice de la Commission de toponymie.
Héléne Jolicoeur et Michel Hénault, Répartition géographique du loup et du coyote au sud du 52e parallèle et estimation de la population de loups au Québec, Société de la faune et des parcs du Québec, (lire en ligne), p.16