Tangente (épée)
épée du Grand Uniforme de l'École polytechnique De Wikipédia, l'encyclopédie libre
La tangente est le nom donné à l'épée du Grand Uniforme de l'École polytechnique.

Son nom de tangente vient du fait que, correctement portée, l'épée est tangente aux bandes rouges du pantalon de ce grand uniforme[1][2],[3]. Le Code X, dans sa version de 1890, dispose : « il porte à gauche l’épée qui, tangente à la bande, touche à terre et fait voler la poussière »[4]. Cette analogie avec la tangente géométrique est aussi à l'origine de l'expression « prendre la tangente », passée de l'argot polytechnicien où elle signifiait « faire le mur » au langage courant pour dire « s'échapper » dans un sens plus large[5].
En 1970, la loi autorise les femmes à participer au concours d'entrée à Polytechnique. En 1972, les premières femmes intègrent l'École, mais « une seule chose leur est refusée l'épée au côté »[6]. Elles ont en effet à la place un sac à main qui n'est pas porté lors des défilés[7] et c'est en 1977 qu'elles obtiennent le droit de porter la tangente[8].
Histoire de la tangente
L’ensemble des élèves obtient le droit de porter l’épée en reconnaissance de leur rôle apporté à la défense des libertés[9] au côté du peuple insurgé sur les barricades pendant les Trois Glorieuses[10],[11]. Ainsi les polytechniciens, qui avaient déjà l’usage du sabre, obtiennent en 1830 l’épée[12] qu’ils nomment tangente[13].
Remise de la tangente
Les élèves ont un système de parrainage, d'une promotion sur la suivante. Comme le bicorne, la tangente est remise à chaque élève par son parrain lors d'une cérémonie particulière appelée « remise des tangentes », suivie d'un repas convivial où par tradition la tangente constitue l'unique couvert. Cette tradition a été interrompue en 1968, et a été rétablie au début des années 2000[14],[15].
Les constantes, expression dérivée
Certains étudiants à l'École polytechnique ne font pas partie du cycle élève classique (par exemple des élèves de programmes internationaux) ; ceux-là ne portent pas le grand uniforme et par conséquent n'ont pas de tangente : ils étaient donc appelés les « constantes » dans le jargon polytechnicien (obsolète), parce que leur « tangente est nulle », en application d’un jeu de mots issu des mathématiques[16],[17].
La tangente comme cadeau
Résumé
Contexte

La tangente et le bicorne constituent les deux éléments les plus représentatifs de l'École polytechnique. De ce fait l'un et/ou l'autre sont parfois offerts par l'École ou par des autorités supérieures. Ce geste marque une grande faveur du fait que ces attributs constituent en principe le symbole de l'appartenance à la communauté polytechnicienne[18] :
- certains professeurs ou cadres de l'École polytechnique reçoivent une tangente lors de leur départ, comme signe d'une grande reconnaissance de la part de l'École ou des élèves[19] ;
- certaines personnalités politiques étrangères peuvent également en recevoir, mais ce geste est alors à prendre comme un honneur diplomatique qui leur est fait par l'État, bien plus qu'une reconnaissance de la part de l'École ou des élèves ; ainsi, à titre d’exemple,
- en février 2005, le colonel Kadhafi s'est vu remettre une tangente par Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense en visite officielle en Libye ; il s'est alors agi d’un cadeau montrant l'entente cordiale entre les deux gouvernements et la volonté de collaborer sur le plan militaire : « C'est l'épée de l'École militaire polytechnique »[20] ;
- le 6 décembre 2005, le premier ministre chinois Wen Jiabao a reçu en cadeau un bicorne et une tangente, lors de sa visite à l'École polytechnique sur les sujets de l'éducation et de la recherche, et de la collaboration et des échanges dans ces domaines[21] ;
- le 2 décembre 2015, le président du Sénégal Macky Sall, en marge de la COP21, se rend à l'École polytechnique pour donner une conférence et célébrer l'accord de partenariat avec l'université Cheikh-Anta-Diop de Dakar. À cette occasion il se voit remettre une tangente gravée à son nom par deux élèves polytechniciens sénégalais, tandis que Jacques Biot, président de l'École polytechnique, se voit remettre l'Ordre national du Lion du Sénégal, plus haute distinction sénégalaise[22],[23].
Annexes
Voir aussi
Bibliographie
- Albert-Lévy et G. Pinet (préf. Armand Silvestre, ill. Bracquemond), L'argot de l'X : illustré par les X, Paris, Émile Testard, , 327 p. (lire en ligne) Comme indiqué, cet ouvrage est consultable en ligne sur le site de la BNF, puis « téléchargeable » au format [PDF]
Notes et références
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